L’apiculture urbaine, une révolution dans le domaine du miel ?

Et s’il était possible de cultiver son propre miel, en plein milieu de Paris ou de Lyon ? L’apiculture urbaine est plus qu’un effet de mode : c’est une véritable révolution, qui découle de la prise de conscience que la biodiversité n’est pas cantonnée à la campagne. Alors, la ville, nouvel habitat des abeilles ? Découverte.

Apiculture urbaine

Du miel cultivé en plein Paris

Pour la première fois en 2016, des abeilles ont été placées sur la liste des animaux menacés d’extinction. Ce n’est pas seulement un fait divers regrettable, c’est aussi le signe avant-coureur de ce qui pourrait être une catastrophe à l’échelle mondiale. Pour lutter, certains producteurs se sont mis en tête de cultiver leur miel… en plein Paris.

Depuis 2010, Nicolas Guéant, apiculteur, a ainsi installé des ruches sur le toit du Grand Palais, un endroit symbolique, mais aussi assez tranquille pour que les essaims d’abeilles viennent produire leur miel dans le calme. Et, de fait, l’opération fonctionne : le liquide récolté est bio, et bon. Car il ne faut pas oublier qu’avec ses parcs, ses jardins et ses balcons, la ville est une zone propice à la biodiversité. La preuve ?

L’apiculture à Paris se porte parfaitement bien, avec des centaines de ruches déclarées, que ce soit chez des particuliers, dans des entreprises ou des restaurants, comme à la Tour d’Argent.

Comment se lancer dans la production de miel en ville ?

Nicolas Guéant a créé une société, Nicomiel, qui aide à l’installation de ruches urbaines dans les entreprises ou chez les particuliers. Selon lui, la première condition pour disposer de son propre miel est la suivante : être passionné. Pour mettre en place une ruche, il faut être fou des abeilles. Si on a cela dans le sang, la formation n’est pas forcément longue. Il faut simplement garder en tête que ces insectes sont très fragiles. Après cela, les contraintes sont rares. Vous pouvez utiliser votre terrasse, votre jardin ou un lieu partagé dans la ville.

Il existe plusieurs types de ruches, à choisir en fonction de la production attendue et du climat. L’apiculture prend peu de temps dans l’année. On installe sa ruche en février, et on récolte son miel en été, ce qui ne représente pas plus d’une heure à chaque intervention. Pas besoin de beaucoup de matériel non plus. Une combinaison protectrice, bien sûr, et une passoire pour extraire le liquide. Avec trois ruches, on obtient jusqu’à 80 kilos de miel : de quoi tenir l’hiver sans trop de problèmes !